Sarah – Témoignage fait en fin d’année de la formation CIV

J’ai choisi d’honorer tout comme l’élan la peur qui m’a invitée à cette formation en allant à la rencontre de ce qu’ils avaient à me révéler. Il me semble que naître à soi-même implique de s’autoriser à la mort et je crois que l’improvisation parle de ça, de cet l’art là, celui qui se développe dans la foi que demande l’entreprise d’une réconciliation avec notre indéniable impermanence. Un chemin vertigineux qui sollicite du courage mais qui a ce pouvoir de nous faire nous révéler au centre profond, celui qui détient des qualités et des ressources insoupçonnées.

Une lumière dans mon cœur chante les louanges de la magie qui se joue lorsqu’une bande d’inconnus se rejoignent dans un espace d’exploration tel que la Voix Source le propose et choisissent de s’abandonner à une telle aventure. Il y a de ces paysages vibrants qui nous habitent et nous traversent que les mots seuls ne parviennent pas à traduire. Nous nous aventurons ensemble à cheminer, au travers d’une multitude de dispositifs, vers cet espace sensible et tranquille en soi, celui qui permet l’accès à l’accueil vivant de ce qui advient, simplement. Un langage imaginaire qui se dépouille en même temps qu’il se recouvre émerge naturellement au fil du processus. Il devient petit à petit traducteur de l’essentiel de ce qui se sent et se vit. Un propos qui s’impérimente et s’écoute dans son plus sincère et son plus intime prend alors corps et voix. Une mise à nue progressive, éclairante et respectueuse vers ce qui nous relie, à nous-même, à l’autre, au monde. A mes yeux il n’y a rien de plus beau que d’offrir la possibilité à l’autre d’être touché en s’osant à se toucher soi-même d’abord et de s’oser à se laisser être touché par l’autre… Le chant du vivant, l’honnête, celui qui s’auto-surprend dans son inattendu, qui emporte, qui simplement raconte. Celui qui transperce, qui secoue, qui foudroie. Celui qui émerveille, qui attendri, qui caresse, qui embaume. Celui qui sensiblement touche, relie et réunit… Que de beautés et de cadeaux mes amis… Dans l’espace plein du silence sommeille le conte du monde.

Les axes d’explorations autour desquels la formation s’articule trouvent leurs racines dans de profondes recherches et de solides connaissances. Leurs branches sont laissées libres de voguer vers leur croissance spontanée et intuitive, s’autorisant la proposition pleine de surprises dont recèle l’encore inexploré. C’est un très bel arbre qui reflète avec finesse l’intégrité de tout le propos qu’évoque cet enseignement vivant.

La présence, l’expérience, la simplicité, le recul, la profondeur, la sensibilité, la spontanéité, la générosité, l’humilité, et la finesse d’écoute de Bernard, entre autres, offrent à la guidance de l’équipage les outils, la sécurité et l’immense liberté de s’amener dans les eaux calmes et tumultueuses de leur humanité et de les faire s’y rencontrer. Cette qualité de supervision toute particulière invite à faire émerger leurs fragilités et leurs forces et à naviguer sereinement dans la rencontre avec la particularité de leur être, celle de leur voix et de la beauté de leur couleur singulière. Ce cursus, qui sollicite et questionne l’être dans son entièreté en le ramenant à son organique, regorge de richesses inestimables pour l’explorateur qui se sent de reprendre la responsabilité de sa propre barque, de son cheminement avec son corps, avec sa voix et avec son cœur…

La Voie de la Voix/e spontanée s’inscrit aujourd’hui en moi comme un mystère sublime profondément intime et collectif, vivant, à cheminer, à honorer, à nourrir, à partager et à chérir.

Du fond du cœur, merci

 

Sarah Hugi


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